Publications internationales
Résumé: Introduction Notre service hospitalo-universitaire se trouve confronté à deux perceptions différentes du rapport entre l’opérateur et les autres composantes de la situation de travail. Le modèle actuel, hérité de la loi française sur la médecine du travail, met en évidence des dysfonctionnements qui se manifestent souvent par des accidents de travail, et des maladies professionnelles. Ce modèle prescrit des analyses biologiques et environnementales pour détecter tout dépassement de la norme qui justifieront l’intervention médicalisée à souhait du médecin. Matériel et méthode Nous avons réalisé une étude descriptive au sein du service de médecine du travail du CHU d’Annaba, en nous basant sur les dossiers médicaux, et les rapports annuels d’activités des années 2020 et 2021 (pendant la pandémie COVID-19). La population étudiée comprend le personnel hospitalier du CHU d’Annaba (3393 personnes en 2020) ainsi que les travailleurs des entreprises conventionnées avec le CHU (4662 personnes), soit un total de 8055. Résultats Dans le domaine de la santé hospitalière, nous appliquons le modèle de la médecine du travail, qui diffère du modèle de la santé au travail. Conformément à ce modèle, il est courant de demander tous les examens complémentaires possibles et imaginables, ce qui peut être coûteux et peu rentable. La pandémie COVID-19 a mis en évidence les limites de ce modèle, puisqu’il ne prétend même pas surveiller l’exposition au risque, bien que le risque soit connu, identifié et dangereux en termes de santé publique. Il est important de noter que le nombre de consultations a augmenté tandis que le nombre des visites sur site a diminué par rapport aux années précedentes. De plus, aucune programmation n’a été mise en place pendant la pandémie. Les tests RT-PCR ont une sensibilité et une spécificité d’environ 100 % (1). Les tests antigéniques ont une sensibilité de 66–74 % (1), et une spécificité de 93-99 % (1). Les tests sérologiques ont une spécificité > 99,8 % et une sensibilité de 88,1–100 %, qui dépend du délai de réalisation (1). En ce qui concerne la TDM thoracique, sa sensibilité varie de 90 à 98 % (2,5), mais sa spécificité est de 25 à 78 % (3,4,5). Le deuxième niveau est celui de la santé au travail. En 2020, nous avons effectué 55 visites d’inspections et 24 études de postes, avec des séances de sensibilisation sur les mesures d’hygiène et d’information sur le risque biologique. En 2021, nous avons réalisé 50 études de postes et 100 visites d’inspections, avec des propositions d’améliorations adressées à l’employeur. Bien que nous n’ayons pas d’hygiènistes industriels spécifiques, nous disposons d’hygiènistes tout court. Il est essentiel de constituer une équipe pluridisciplinaire disposant des ressources nécessaires et d’une culture de la santé au travail, qui doit être évaluée régulièrement pour en assurer la pertinence. Discussion/Conclusion Le modèle de la médecine du travail, tel qu’il est actuellement appliqué dans le domaine de la santé pulique, se révèle couteux et peu rentable. Ce modèle repose sur une approche médicalisée qui demande de nombreux examens complémentaires, ce qui entraîne des dépenses importantes. Cependant, il ne parvient pas à surveiller efficacement l’exposition au risque, comme le montre l’exemple de la pandémie de COVID-19. En effet, pendant la pandémie, le nombre de consultations a augmenté, mais le nombre de visites sur le terrain a été réduit par rapport aux années précédantes. De plus, il n’y a pas eu de programmation claire des interventions. Ces constatations remettent en question l’efficacité du modèle de la médecine du travail dans la gestion des risques pour la santé publique. En revanche, le modèle de la santé au travail qui se concentre sur la surveillance de l’exposition des travaillleurs aux risques, en utilisant une approche de gestion des risques, semble offrir une alternative plus pertinente. Ce modèle necessite la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire comprenant des préposés à la sécurité et à l’hygiène industrielle, ainsi que des médecins du travail. Cependant, pour que ce modèle soit efficace, il est essentiel d’avoir le soutien des décideurs et de la législation. En Algérie, la légitimité de ce modèle de santé au travail est remise en question, car il n’est pas explicitement soutenu par les décideurs et la loi. Il est donc nécessaire de promouvoir cette vision et de former tous les acteurs concernés, y compris le personnel médical, à la santé, à la sécurité au travail, et à l’environnement. Ces formations permettront de définir clairement le champ d’études, l’objet de l’étude, d’apprécier la méthodologie d’intervention sur le terrain, de définir les agendas des interventions, de donner un sens HSE aux résultats obtenus. De plus, la planification régulière des interventions et l’évaluation de leur pertinence sont nécessaires pour assurer l’efficacité du modèle de la santé au travail. En conclusion, le modèle de la médecine du travail actuel se révèle coûteux et peu rentable. Il est nécessaire de passer à un modèle de santé au travail qui se concentre sur la surveillance de l’exposition aux risques et qui implique une équipe pluridisciplinaire. Cependant, pour que ce modèle soit efficace, il est nécessaire d’avoir le soutien des décideurs et de la législation, ainsi que de former tous les acteurs concernés et d’évaluer régulièrement ses résultats.
Résumé: Introduction Notre CHU à l’instar de tout le secteur de la santé a été en première ligne pendant la crise sanitaire COVID-19. En suivant les instructions ministérielles, tous les services ont réduit leurs activités. Au service de médecine du travail du CHU d’Annaba, la programmation a été annulée et l’activité a été réduite aux visites médicales spontanées et de reprise, et une consultation COVID-19 a été instaurée. Nous rapportons deux constats de la période COVID-19 : – le premier : quatre personnes sur six parmi le personnel paramédical et technique sont parties du service ; – le deuxième : le chiffre global des consultants a considérablement augmenté par rapport à la période avant et après la COVID-19. Le but de notre travail est de porter une réflexion autour des consultants du service. Matériel et méthode Nous avons procédé à des entretiens avec le personnel et une analyse des rapports annuels des activités du service de médecine du travail de 2018 à 2022. Résultats L’entretien avec le personnel a révélé que le départ est justifié par des problèmes de santé, mais également par une peur irrationnelle et une fuite devant le danger. Concernant la consultation, l’effectif couvert par le service est de 3880 pour le personnel du CHU. En plus de cela, nous prenons en charge 3376 travailleurs des entreprises conventionnées avec le CHU (soit 7256). Le chiffre global des consultants était de : 8610 en 2019, 6460 en 2020, 15 982 en 2021 et 9419 en 2022. Il est à noter que le chiffre de 2020 est biaisé. En effet, vu la charge de travail, l’enregistrement ne se faisait pas régulièrement et donc déperdition de l’information. Pendant les pics de la COVID-19, on a constaté une augmentation du nombre de consultants jusqu’à 100 par jour. Ces salariés demandent un traitement, mais surtout une mise à distance des sources de la COVID-19 pour éviter le risque de contamination par le virus. Maintenant, malgré la programmation, il n’y a plus ou peu de consultants si ce n’est pour demander un aménagement de poste ou autre. Il y a enfin une espèce de reconnaissance par le manager et la direction du rôle du service dans la prise en charge du personnel puisqu’ils en ont fait un service COVID-19, sollicité pour les campagnes de sensibilisation et d’information du risque. On se pose la question pourquoi le personnel consulte en médecine du travail à la recherche d’un médicament miracle, et n’adhère pas au modèle vaccinal, malgré l’exposition à un risque infectieux. Ensuite, il y a lieu d’analyser maintenant pourquoi il y a une banalisation au service du problème de la COVID-19 c’est-à-dire que les postures des soignants et des malades ont changé (négligence du nettoyage des mains et du port de masque). Ce qui est légèrement différent de la compréhension sociale de la maladie (par exemple création d’un langage spécifique vernaculaire comme le verbe se corronner). La conclusion de tout cela, est-ce que c’est purement opportuniste ? Parce que la COVID-19 a changé les rapports entre les hospitaliers et nous en tant que service prestataire s’occupant de la santé de ces hospitaliers. Et donc peu de temps après, plus ça se banalisera et plus on reviendra à la situation antérieure, c’est-à-dire que les personnels viendront juste pour demander des changements de poste ou des faveurs diverses. Ou bien ils vont mettre à contribution cette histoire de la COVID-19 pour dire j’adhère au programme vaccinal, mais global à ce moment-là, et il nous faut des formations, des objectifs quantifiables et des interventions actives des différents acteurs de décisions.
Publications nationales
Résumé: L’école du dos est une approche pédagogique pour la compréhension, le traitement, la prévention et le suivi de la lombalgie. Son principe est de faire associer le patient dans la prise en charge de ses souffrances. Ce qui lui permet d’être acteur de sa santé.Les écoles du dos partagent les mêmes objectifs et principes. En revanche, elles se différencient par leurs programmes et méthodes. Cependant les points communs sont l’enseignement de notions élémentaires sur l’anatomie du rachis et les informations d'ordre biomécanique. Vu l’importance du problème lombalgique en Algérie, il serait intéressant de créer des écoles du dos pour les lombalgiques chroniques. Pour les travailleurs lombalgiques, il serait préférable d’assurer la formation sur les lieux de travail en complément des actions correctives sur les postes de travail, et de l’éducation sanitaire. Mots clés : Ecole du dos- lombalgie- traitement-prévention-rééducation Summary The “back school” is a pedagogical approach aimd at the comprehension, treatment, prevention and follow-up of low back pain. Its principle is based on the patient's contribution in the management of his suffering. This enables him toplay an active role in his own health. “Back schools”share the same objectives and principles. On the other hand, they differ in their programs and methods. However, the common points lie in the teaching of basic notions of anatomy, spinepathophysiology and biomechanical information.Given the extent of the low back problem in Algeria, it would be interesting to create “back schools”for chronic low back pain. With regard to low back pain workers, it might be preferable to provide on-the-job training, in addition to corrective actions on the workplace and health education. Key words: Back school-low back pain- treatment- prevention - rehabilitation